"Dans la confusion de notre époque quand une centaine de voix contradictoires prétend parler au nom de l'Orthodoxie, il est essentiel de savoir à qui l'on peut faire confiance. Il ne suffit pas de prétendre parler au nom de l'Orthodoxie patristique, il faut être dans la pure tradition des saints Pères ... "
Père Seraphim (Rose) de bienheureuse mémoire

mercredi 22 novembre 2017

Prêtre George Maximov L'HOMME D'ANTIGUA* QUI FONDA "L'ÉGLISE ORTHODOXE AFRICAINE"


George Alexander MacGuire


Antigua et Barbuda est une nation insulaire dans la mer des Caraïbes. Parmi ses fils, George MacGuire, le fondateur de «l'Église orthodoxe africaine» occupe une place importante. Au moment de sa mort, l'Église comptait environ 30.000 fidèles, 50 membres du clergé et des dizaines de paroisses aux États-Unis, en Ouganda, au Kenya, au Canada, au Venezuela, à Cuba et à Antigua. Qui était cet homme, et pourquoi a-t-il dirigé sa recherche spirituelle vers l'Orthodoxie?

George MacGuire naquit le 28 mars 1866 sur l'île d'Antigua dans le village de Svits. Il y passa son enfance et sa jeunesse. Il termina l'école et le collège locaux, puis le séminaire de l'église morave. Il fut pasteur de cette église pendant six ans, de 1888 à 1894.

En 1894, George déménagea aux États-Unis, où il se convertit à l'anglicanisme, puis deux ans plus tard, il devint prêtre anglican. Il fut le recteur de l'église de Saint Philippe à Richmond (1898-1900), à l'église de Saint Thomas à Philadelphie (1901-1905), et missionnaire auprès des Afro-Américains en Arkansas (1905-1909). Est témoin de son talent de prédicateur, le fait qu'après seulement quatre ans à ce poste, il augmenta le nombre de missions de un à neuf.

En 1910, il reçut une éducation médicale au Boston College. À cette époque, il fonda à Cambridge une communauté pour les immigrants noirs des Caraïbes. Cependant, l'église épiscopalienne ne reconnaissait pas cette communauté et MacGuire était de plus en plus convaincu que dans une église où son propre évêque soutenait le principe de la ségrégation, il y avait peu de perspectives pour les Noirs.

Après avoir reçu des nouvelles de la maladie de sa mère, George quitta tout et retourna à Antigua en 1913. Là, il prit soin de sa mère pendant cinq ans, servit dans l'église anglicane et donna des soins médicaux aux nécessiteux.
Après la mort de sa mère, MacGuire retourna aux États-Unis et y prit une part active dans le mouvement favorisant la citoyenneté et l'égalité des droits sociaux de la population noire. Étant un chrétien croyant, il voulut fournir cette égalité dans la vie de l'église. Il avait l’habitude de dire à ses disciples: «Nous sommes obligés de retourner dans notre église natale». Et à la recherche de cette Église, George découvrit la tradition chrétienne orthodoxe. Cela l'inspira tellement qu'en 1921, à la surprise de beaucoup, il annonça la création de «l'Église orthodoxe africaine» dont il devint le chef.

Pourquoi George MacGuire a-t-il jugé nécessaire de tourner le regard des chrétiens noirs américains vers l'Église orthodoxe? Il nomma deux raisons. D'abord, parce que c'est l'Église originale et authentique du Christ, qui a une succession apostolique ininterrompue. Deuxièmement, parce que l'Orthodoxie «n'a jamais été associée au racisme et au colonialisme.»

Vraiment, les chrétiens noirs ont fait partie de cette Église depuis l'Antiquité et sont même devenus des saints orthodoxes célèbres. Par exemple, saint Moïse le Noir (ou l’Ethiopien), moine du quatrième siècle qui vécut dans le désert égyptien, et bénit Elezvoi, roi d'Éthiopie.

On considère que MacGuire fut aidé dans son introduction à l'Orthodoxie par le Jamaïcain Robert Morgan, qui était avec lui prêtre de l'église épiscopalienne aux États-Unis et son successeur en tant que recteur de l'église de Saint Philippe à Richmond. Même au début du XXe siècle, Morgan avait commencé à étudier l'histoire de l'Église et, par conséquent, il était convaincu que l'Église orthodoxe était le «pilier et le fondement de la vérité». En 1904, il se rendit dans l'Empire russe afin de se familiariser avec l'Orthodoxie non seulement d’après les livres, mais dans la vie. Là, il visita les monastères et les églises de Moscou, Saint-Pétersbourg, Kiev et Odessa, et fut même invité d'honneur de l'empereur russe Nicolas II. Bientôt Robert Morgan reçut l'orthodoxie sous le nom de Raphaël et, en 1907, il fut ordonné par le métropolitain... comme prêtre de l'Église orthodoxe de Constantinople.

Un tel contraste frappant, le fait qu’un jeune chrétien noir est reçu avec un grand amour au plus haut niveau dans un pays orthodoxe alors que dans son propre pays, il n'a même pas le droit de boire de l'eau de la même fontaine qu'un blanc, convainquit MacGuire mieux que toute déclaration selon laquelle l'Église orthodoxe est exemptede  racisme, et pas seulement historiquement mais aussi dans les temps modernes.

Mais contrairement à Raphael Morgan, George MacGuire prit un chemin différent; il ne rejoignit pas personnellement l'Eglise orthodoxe, mais il décida de fonder sa propre grande église, supposant que dans le futur il arriverait à un accord avec l'Orthodoxie pour la faire reconnaître. L'initiative de MacGuire trouva rapidement des sympathisants, tout d'abord parmi les gens d'Antigua et d'autres îles des Caraïbes vivant aux États-Unis qui affluèrent vers son église. Grâce à ses talents de prédicateur et d'organisation, le nombre de fidèles augmenta rapidement et des branches de l'église commencèrent à apparaître en dehors des États-Unis, y compris en Afrique.

Dès le début, George MacGuire entama des discussions avec l'Église orthodoxe russe au sujet de son ordination, mais bien qu'il ait été accepté avec bonté, il ne put recevoir ce qu'il demandait. La raison en était qu'il voulait essentiellement recevoir l'ordination d'une Église dont il n'avait pas l'intention d'être un pasteur, mais plutôt de diriger sa propre «église indépendante», ce qui contredit les règles et les enseignements orthodoxes sur l'Église. Néanmoins, il parvint à un accord avec l'archevêque Vilett, chef de l'église catholique américaine autoproclamée. Vilett ordonna George MacGuire évêque le 28 septembre 1921.

La même année, MacGuire rencontra personnellement le Patriarche de Constantinople Meletios et a discuté avec lui de la possibilité de reconnaître «l'Église orthodoxe africaine». Il convainquit le Patriarche qu'ils croyaient en la Trinité et aux deux natures du Christ incarné aux sept Conciles œcuméniques, prêchaient le Credo sans changement (sans l'addition catholique du filioque), vénéraient la Mère de Dieu, et croyaienent au salut non seulement par la foi mais aussi par les œuvres. Selon les paroles de George, le Patriarche convint que leur enseignement sur ces points était orthodoxe, mais la question de les accepter dans la communion canonique fut reportée jusqu'à ce que "l'église orthodoxe africaine" "démontre stabilité et croissance".

En 1924, le Patriarche de Constantinople suivant Grégoire VII, dans le cadre du dialogue continu, demanda plus d'informations sur l'église de MacGuire. En fait, bien qu'elle ait accepté à bien des égards l'enseignement dogmatique orthodoxe, dans tous les autres domaines, y compris les services divins et la vie paroissiale, l '«église orthodoxe africaine» continuait à défendre l'ordre anglican. Au cours de la vie de George MacGuire, son plein recours aux voies orthodoxes n'eut pas lieu et, par conséquent, il ne devint pas une partie de l'Église orthodoxe universelle.

George mourut le 10 novembre 1934 et fut enterré dans le Bronx. Après sa mort, la branche de «l'église orthodoxe africaine» en Ouganda et au Kenya, dont les paroissiens comprenaient plus d'un tiers des fidèles, entra dans l'unité avec l'Église orthodoxe canonique et devint une partie de l'ancien patriarcat d'Alexandrie. Ainsi ont-ils amené à sa conclusion logique le mouvement que MacGuire avait initié. Grâce à ses efforts, en fin de compte des milliers d'Africains trouvèrent leur chemin vers l'Orthodoxie.

À l'heure actuelle, dans l'île natale de George, à Antigua, une paroisse de l'Église orthodoxe canonique de la juridiction antiochienne a ouvert ses portes. Cela pourrait être considéré comme un bel achèvement symbolique du chemin que ce fils distingué d'Antigua commença il y a 100 ans.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

*


* Antigua

mardi 21 novembre 2017

Librairie du Monastère de la Transfiguration

Le monastère de la Transfiguration a le plaisir de vous annoncer la mise en ligne de quatre nouveaux ouvrages.
 

Le mont Athos. Une expérience spirituelle

Fabian da Costa

 

 
Saint Nicolas Evêque de Myre en Lycie raconté aux enfants
 
 

Commander en ligne >> 

Une lettre à notre Seigneur Jésus Christ aux cieux

Brandusa Vranceanu


 

Vénérable Syméon souverain et moine et sa fondation Monastère Studenica

Monastère de Studenica

LA MONIALE MEGALOSCHEME MARIA: une ascète de la prière (7)



Une histoire de l’higumène P., doyen de l'Église de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu
"Je veux dire que je suis par nature un homme sceptique, donc vous n'avez pas à craindre d'exagérations de ma part dans mon évaluation de la personne de Matouchka Maria. Je parlerai exclusivement de ce que nous avons entendu, que nous avons vu de nos yeux, que nous avons contemplé, et que nos mains ont touché (1 Jean : 1, 1).
"Je vais peut-être commencer par raconter comment je l'ai rencontrée. Ma première rencontre avec elle était dans l'année du millénaire du baptême de la Rus '(1988). J'étais à Komsomolsk-sur-Amour pour cela, et j'ai trouvé là-bas une petite résidence transformée en église, dans un état plutôt lamentable.
«Lors de l'un des services suivants, j'ai encouragé les paroissiens à faire un don pour rénover le bâtiment. Mon appel n'a eu aucun effet particulier, que ce soit à cause de la pauvreté du petit troupeau, ou parce que les gens voulaient d'abord regarder de plus près le nouveau batiouchka. Je dois dire que mon prédécesseur leur avait laissé beaucoup de raisons de se méfier de lui. Et moi-même, comme vous le verrez ci-dessous, j'étais loin de l'altruisme apostolique.
"Une fois, à Vêpres, j'ai remarqué une robe inhabituelle dans un manteau gris foncé et une grande écharpe noire, enroulée en plusieurs couches sur sa tête. En plus de cela, il y avait des lunettes protubérantes, comme celles d’un pilote ou un pompier. Ayant glissé sur son front, elles faisaient une impression assez comique.
"Mais pour moi - ce n’éait pas drôle, parce que mes paroissiens, ayant clairement oublié la prière, entouraient ce" pilote "et fourraient sans fin des papiers dans ses mains et dans ses poches. Pendant l'encensement, j'ai vérifié ce que tout cela était - des listes commémoratives et de l'argent. Mon indignation intérieure ne connaissait pas de limite: «Qu'est-ce que c'est?... Les coupes sont vides, le vieux plâtre nous tombe sur la tête, et voilà qu'un vagabond ose prendre leur dernier argent, sans la bénédiction du recteur! Et cela pendant l’office même! »
Je pus à peine attendre la fin de la vigile, mais je n'eus même pas le temps d'ouvrir la bouche, car cette vieille femme s'approcha de moi avec un paquet dans les mains.
«Ici, dit-elle, vous servez dans l'église de la Dormition de la Mère de Dieu... Acceptez cela de nous, les Moscovites, pour la gloire de la Toute Pure» (Matouchka avait vécu de nombreuses années dans la capitale).
"J'ai soulevé un coin de l'emballage et j'ai aperçu des vêtements de brocart bleu dont je n'aurais même pas pu rêver alors.
«Non, répondis-je, je ne les accepterai pas. Qu'est-ce que vous avez organisé pour moi au service ici? Ou les prêtres ne vous bénissent-ils pas pour recueillir des dons pour des églises à Moscou?
"Elle s'inclina et partit, laissant le paquet sur la table de pannikhide.
"Le jour suivant, lors de notre fête patronale, un repas fut mis en place dans la cour après la Liturgie, repas auquel nous avons invité nos hôtes. J'étais assis avec notre clergé à un bout de la table, et elle était à l'autre bout. Je la regardais involontairement: elle avait un visage ascétique caractéristique, pâle avec une teinte olivâtre et des yeux extraordinaires. Ce n'est que beaucoup plus tard que je me suis rendu compte, que c'est à ça que ressemble l’absence de passion..
"Matouchka ne m'a pas prêté attention, et comme il m'a semblé au début qu'elle parlait à voix basse à ses voisins à propos de visiter certaines paroisses, et les caractéristiques des pasteurs qui y servaientent, par exemple:" Le batiouchka là est très bon, seulement pour une raison quelconque, il fait tel ou tel péché, chose qu'il ne devrait pas faire... » C'était juste une chose après l'autre avec elle, et maintenant elle jugeait même publiquement le clergé...
"Puis, soudainement, je me suis aussi fait toucher - elle a aussi dévoilé mes péchés cachés! Eh bien, oui, je l'ai fait hier, et c'est moi, oh, et ça aussi!
"Après le repas, je suis allé à Matouchka en disant:" Pardonne-moi, je vois que tu n'es pas une personne simple... " Je l'ai invitée dans ma cellule, et nous avons eu une conversation directe et peu flatteuse.
"Il s'est avéré que Matouchka savait tout de moi - même plus que je ne savais sur moi-même. Entre autres choses, elle m’a demandé: «Batiouchka, pourquoi tes mains sont-elles si rouges? »
"'Si rouges?' me demandai-je. Ce sont des mains ordinaires, comme elles l'ont toujours été.
"Non, non, elles sont rouges. Bien sûr, pas comme un starosta qui volait des choses de l'église... Ses bras brûlaient jusqu'aux coudes, mais les vôtres sont juste un peu rouges. Peut-être que vous avez des problèmes avec vos registres, ou que vous avez dépensé de l'argent inutile pour vous-même?
"Bien sûr, j'ai des péchés. Je n'ai pas simplement décoré l'église, mais j'ai utilisé des fonds de l'église pour des nécessités personnelles, pour l'ameublement, pour le confort de la chair...
"Fondamentalement, ce ne sont pas seulement mes mains qui devraient être rouges.
"Matouchka m'a toujours parlé de la façon dont cette église a été ouverte par ordre de la Mère de Dieu elle-même dans les années 1960, pendant les persécutions de Khrouchtchev. Elle lui est apparue dans un rêve et a dit: «Il y a une ville, Komsomolsk-sur-Amour. Tu devrais y ouvrir une église en l'honneur de ma Dormition.
-->
"Quand Matouchka s'est réveillée et a regardé la carte, elle a hoqueté: c’était à presque 10.000 kilomètres de Moscou! Elle commença à douter, était-ce une sorte d’illusion spirtituelle? Peu de temps après, elle est devenue paralysée et la Mère de Dieu est apparu deux fois de plus, répétant: «Va!» Et quand elle décida d’y aller, elle s’est remise sur pieds.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après


Skite de saint Mars de Locquenay

lundi 20 novembre 2017

LA MONIALE MEGALOSCHEME MARIA: une ascète de la prière (6)



Une histoire des paroissiens de la Dormition de l’Église de la Très Sainte Mère de Dieu
La paroisse contemporaine de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu est apparue à Komsomolsk-sur-Amour à la fin des années 1960 par la volonté de la Très Sainte Mère de Dieu elle-même. Mère Maria est venue dans notre ville avec sa sœur pour accomplir l'ordre de la Mère de Dieu. Une fois arrivées, elles se sont familiarisées avec les femmes croyantes et elles priaient dans l'un de leurs foyers.
Le Seigneur leur a dit d'acheter une maison pour en faire une église, et quatre femmes, Youlia Ivanovna Begovatkina, Valentina Mitrophanovna Makarova, Evguénia Ivanovna Jouravleva et Maria Konstantinovna Chich, ont acheté la maison dans la rue Lermontov au numéro 83A avec leurs propres fonds. Les autorités n'ont pas aimé cela, et elles ont rassemblé une cour des pairs. Mais les gens sont intervenus pour les croyants auprès de la cour, en disant: "Laissez les grand-mères prier."
Tous ensemble, ils ont reconstruit la maison en tant qu'église. Ils ont copié à la main les textes des services divins, acathistes, et pannikhides. Ils ont fait des vases d’église de tout ce qui était disponible. Les prêtres de Khabarovsk vinrent nourrir les fidèles, servir et entendre les confessions: le hiéromoine Anatoly, l’higoumène Séraphim et l’archiprêtre Dimitri.
Mère Maria aida à construire l'église par la prière et les fonds donnés par les croyants. Elle se rendit régulièrement à Komsomolsk-sur-Amour, auprès de l'église de la Dormition et de tous les fidèles de la ville pendant dix-huit ans. Les gens quittaient Komsomolsk-sur-Amour pour aller la voir à Orel. Une fois, avec la bénédiction du prêtre, l'une des quatre femmes, la future moniale mégaloschème Evlogia, ayant rassemblé de l'argent pour acheter une maison qui allait devenir l'église, alla voir Matouchka à Orel pour le linceul de la Très Sainte Mère de Dieu [Celui utilisé pour le 15 août, comme l’épitaphios pour le Christ le Vendredi Saint].
Elles commandèrent le linceul dans un atelier de l'église. Quand il fut prêt, elles l'apportèrent à l'église pour être béni. Le prêtre qui bénit le linceul dit que la mère de Dieu elle-même l'avait béni et on sentit un fort parfum en émanant. Le linceul était soigneusement emballé, et mère Maria alla à la gare avec sa compagne de voyage, pour se rendre à Moscou en train, et de là pour s'envoler vers l'Extrême-Orient.
Le train était sur le point de partir. Quelqu'un leur ouvrit la porte arrière de la voiture, et elles entrèrent dans le compartiment du contrôleur. Le contrôleur fut surpris de voir les matouchkas, mais leur permit de voyager. Un fort parfum venait du suaire. Le parfum était insupportable pour certains des passagers, et ils s'indignèrent et bloquèrent la porte du compartiment, incapables de supporter la gGâce de la présence de l'objet sacré.

Dans la matinée, elles arrivèrent à Moscou et prirent un bus pour l'aéroport. La même histoire se répéta là. Quand elles arrivèrent à l'aéroport, il s'avéra que l'embarquement était déjà terminé et que l'avion roulait déjà sur la piste. Les matouchkas commencèrent à prier et l'avion fut retardé. Elles demandèrent un bus pour les emmener à l'avion.
Quand elles arrivèrent à la rampe, elles virent les visages surpris des passagers à toutes les fenêtres. Ils s'attendaient à constater que des personnes importantes retenaient l'avion. Mais au lieu de cela, ils virent deux vieilles femmes du village. Lorsque les matouchkas entrèrent dans la cabine, le parfum commença à se répandre ànouveau.
Le linceul fut livré à l'église juste à la veille de la fête patronale de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu.
-->
La dernière fois que la moniale mégaloschème Maria se rendit à Komsomolsk-sur-Amour, c'était en 2000, alors qu'elle avait 78 ans. À un âge si vénérable, elle voyagea à travers tout le pays vers l'Extrême-Orient vers son église bien-aimée, vers ses enfants spirituels. Matouchka reposa en Christ en 2006, à l'âge de 84 ans, et elle fut enterrée dans la ville d'Orel dans le cimetière Afanasievsky, à côté du monastère de femmes.
Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

dimanche 19 novembre 2017

LA MONIALE MEGALOSCHEME MARIA: une ascète de la prière (5)


Cathédrale de la Mère de Dieu de Kazan

Les dons spirituels de la staritza
Selon les souvenirs de ses enfants spirituels, Mère Maria était une personne très modeste et très humble. C’était une ascète, et, comme tous les ascètes,elle mangeait peu, prenant habituellement seulement une cuillère à café de nourriture très simple. Elle était souvent malade, mais elle essayait de ne pas prendre de médicaments. Son principal remède était la Sainte Communion, l'eau bénite et les prosphores.

Mais elle n'appelait pas les autres à une telle vie ascétique, parce qu'elle avait le discernement spirituel et savait qui pouvait gérer combien. Ainsi, la servante de Dieu Alexandra envoya une lettre avec le conseil de Matouchka sur le jeûne. Voici un passage de la lettre:
"En ce qui concerne la nourriture, ne prends pas sur toi de faire plus que nécessaire, car il y a beaucoup de cas de grands problèmes après une ascèse faite par une guidance personnelle. Tiens-toi à la voie du milieu et tout ira bien; autrement, le rusé (l'Ennemi) s'approchera de toi, affaiblira ta dernière force corporelle restante, et tu ne pourras rien faire - ni la prière, ni le travail physique, et il sera ravi. Ainsi, ma chère, la renaissance intérieure est très importante: Ne désire rien de mal, et n'y pense même pas. »

Matouchka était douce et patiente. Natalia Ivanovna se rappelle comment Matouchka fut gravement malade. Natalia alla la voir. Elle vit sur sa table de chevet une lampe sans abat-jour. La lumière brillante frappait Matouchka dans les yeux. Natalia suffoca  sous l’émotion et commença à retirer l'ampoule, mais la préposée à la cellule s'énerva, se rappelant que Matouchka lui avait demandé humblement de retirer la lampe. Elle voulait l'enlever, mais elle avait été prise par les tâches ménagères et avait oublié. Et Matouchka, souffrant de maladie, ayant demandé une fois, était restée silencieuse et ne se plaignit jamais de la vive lumière qui frappait ses yeux. Elle supportait cela silencieusement.

Matouchka était stricte également. Dans un monastère, elle réprimanda soudainement un homme qui était tombé dans le désespoir et avait décidé de quitter le monde. Il n’avait révélé ces pensées qui le tourmentaient à personne et il fut stupéfait quand une moniale mégaloschème les dénonça. Matouchka le gronda, et, probablement pria, parce que les pensées démoniaques se retirèrent de lui. Son désespoir le quitta, et il répéta joyeusement à tous ceux qui l'entouraient, "Matouchka! Ah, Matouchka! "

Il y eut aussi cet exemple: Natalia Ivanovna était allée voir Matouchka avec une de ses sœurs. Elles marchaient dans le train et sa sœur avait une valise plutôt grande. Natalia suggéra de la mettre ensemble sur l'étagère du haut, pour ne pas déranger les gens dans le couloir. Mais sa soeur refusa:
"Laisse-la rester là où elle est. Ce n'est rien, ils peuvent la contourner! Je ne vais pas me déranger avec ce poids pour la convenance de quelqu'un d'autre! "

À l'arrêt suivant, plus de gens montèrent et le passage devint très à l'étroit, et sa valise dérangea les gens tout au long de la route.
Quand elles arrivèrent chez la staritza, elle accueillit chaleureusement Natalia, mais elle regarda sa compagne avec rigueur et mépris. Elle ne comprit pas: Pourquoi cette matouchka était-elle si mécontente d’elle?! Alors Mère Maria dit: «Pourquoi penses-tu seulement à toi? Pourquoi ne te soucies-tu pas des autres? C’est si orthodoxe! "

Une autre fois, après un service, la staritza se tourna brusquement vers le prêtre qui servait avec une question sur l'une des chantres des kliros. Le prêtre fut perplexe et répondit que, en fait, l'une des moniales chantait au kliros, mais elle était alors chez elle,  se préparant aux examens. Alors Mère Maria lui  demanda de l'emmener chez cette sœur. Ils montèrent dans la voiture et partirent. Ils arrivèrent chez la fille, et la staritza dit qu'elle voulait rester avec elle à sa datcha. Tout le monde était, bien sûr, incrédule, mais comme ils connaissaient déjà Mère Maria depuis longtemps, ils ne demandèrent rien, mais écoutèrent seulement.

Ils arrivèrent à la datcha, et Matouchka leur dit: «Vous restez tous dans la voiture pendant que je vais me promener et jeter un coup d'œil. »
En sortant de la voiture, elle alla dans la cour du voisin et se mit à marcher dans le jardin de quelqu'un d'autre, allant ça et là. Tout le monde assis dans la voiture était silencieux. Ils attendaient de voir ce qui allait se passer. Soudain la porte de la maison du voisin s'est ouverte et un homme est sorti. Un peu débraillé, plusieurs boutons de sa chemise étaient déboutonnés…  Il alla vers Matouchka et commença à lui demander quelque chose, d'abord avec colère, mais ensuite il se calma. Puis ils marchaient déjà ensemble entre les carrés plantés et parlaient sans se presser, en souriant même.

Après un peu de temps Matouchka  mit fin à la conversation. L'homme l'accompagna et lui demanda sa bénédiction. Mère Maria monta dans la voiture et, n’expliquant rien, dit: «Maintenant, nous retournons à l'église. »

Personne n'osa demander quoi que ce soit à la staritza. Les jours passèrent. Petit à petit, nous commençâmes à oublier l'histoire. Juste un mois plus tard, le prêtre reconnut un homme en habits élégants comme le voisin échevelé de la datcha. Il était venu pour la confession:
"Je veux confesser un péché, Batiouchka! Rappelez-vous quand vous êtes venus en voiture au jardin chez moi, avec cette merveilleuse matouchka? Je traversais alors des moments très difficiles; Je connaissais un découragement sévère. J'avais décidé de me suicider, de me pendre. J'avais déjà grimpé au grenier et fait un nœud coulant, et j'étais sur le point de le mettre autour de mon cou, quand j'entendis du bruit sur ma propriété. Une étrangère s’y promenait. «Peu importe», pensais-je. « J'aurai tout  le temps de me pendre. Pour l'instant, je vais voir qui se promène et je me pendrai ensuite. »

-->
Je suis sorti et Matouchka était là et j'ai commencé à lui parler. Après notre conversation, tout était bien dans mon âme! Tout mon chagrin était parti! Le soleil brillait, les oiseaux chantaient, et mes glaïeuls préférés fleurissaient! C'était superbe! Comment aurais-je pu me décider à me pendre? comment mon esprit a-t-il pu être si embrumé ?! Je suis allé descendre la corde. Et je suis toujours en vie. Et ma situation a progressivement changé pour le mieux. Je suis venu me repentir d'avoir essayé de me tuer. Absolvez ce péché, Batiouchka! Peut-être une sorte de pénitence... "

Version française Claude Lopez-Ginisty
d’après

Père Placide aux Editions des Syrtes

« De l’Orient à l’Occident » – Père Placide Deseille

20,00€ TTC
En stock
UGS :ISBN 9782940523641 (novembre 2017)Catégories : Étiquettes : 
Table des matières :
Préface de Bernard Le Caro
  1. Avant-propos
  2. Étapes d'un pèlerinage : autobiographie du père Placide
  3. Les étapes d'une évangélisation : de Jérusalem à la Gaule
  4. L'inculturation du christianisme en Occident entre le IVe et le VII siècles
  5. Aux sources du monachisme occidental : des Pères d'Égypte à saint Benoît de Nursie
  6. Aux origines d'une divergence : saint Augustin et la théologie trinitaire
  7. Histoire d'une déchirure : orthodoxie et catholicisme moderne
  8. La spiritualité catholique romaine et la tradition orthodoxe
  9. Dieu « sensible au cœur » selon Pascal et selon les Pères orientaux
  10. Divergences et convergences entre la tradition orthodoxe et la tradition occidentale
  11. La Révolution française, l'Europe et l’orthodoxie
  12. Le Mont-Athos et l'Europe
  13. La présence orthodoxe en Europe occidentale
  14. Signification et rôle de la diaspora orthodoxe en Europe occidentale
  15. Orthodoxie, uniatisme et œcuménisme
  16. Points de vue orthodoxes sur l'unité des chrétiens
  17. Être chrétien orthodoxe aujourd'hui
  18. Conclusion : quelques exigences de la vie chrétienne

Père Placide

Présentation de l’éditeur: « Si les divergences principales entre l’orthodoxie et les confessions occidentales sont aujourd’hui connues, les racines de celles-ci, ainsi que leurs implications sur la vie spirituelle ont été peu traitées en langue française. Peu de choses sont connues sur la période qui a précédé le schisme de 1054 et qui l’a préparé. C’est, entre autres, cette lacune que vient compléter l’ouvrage du père Placide, de façon positive et avec discernement, en cherchant « la confession et non la confrontation ». Dans cet esprit, il sait déceler également ce qui, en Occident, a gardé un parfum d’orthodoxie après le schisme.
En même temps qu’une œuvre, ces pages retracent le parcours de l’archimandrite Placide Deseille. Ayant vécu depuis son adolescence dans un monastère cistercien et ayant étudié en profondeur les sources bibliques et patristiques, il est devenu orthodoxe au Mont Athos et porte en Occident, depuis plus de quarante ans, le témoignage de la tradition de l’Église des dix premiers siècles, toujours vivante dans l’orthodoxie. Comme le dit l’higoumène du monastère de Simonos Petras, il s’agit d’un « témoignage authentique de la vie orthodoxe et du monachisme athonite dans un environnement quasiment déchristianisé et dans une société en décomposition ».
L’ouvrage part de l’Orient des premiers siècles pour arriver en Occident au XXIe siècle : des racines chrétiennes de la France avec une foi commune à l’Occident et à l’Orient, puis ses déviations, notamment au niveau de son repli sur l’augustinisme, pour arriver à la Révolution française. Mais ce livre ne se cantonne pas à l’histoire ancienne, abordant les problèmes actuels de l’Église orthodoxe et sa façon de les résoudre. La sincérité et la profondeur de la démarche du père Placide, sa connaissance approfondie de la tradition spirituelle et théologique occidentale, et son expérience de l’orthodoxie donnent à sa parole une autorité unique.
L’archimandrite Placide (Deseille), né en 1926, entre à l’abbaye cistercienne de Bellefontaine en 1942 à l’âge de seize ans. Il fonde en 1966 avec d’autres moines un monastère de rite byzantin à Aubazine en Corrèze. En 1977, les moines décident de devenir orthodoxes et en février 1978, ils deviennent moines au Mont Athos. Rentré en France peu après, père Placide fonde le monastère Saint-Antoine-le-Grand, à Saint-Laurent-en-Royans (Drôme) dans le Vercors, et en devient l’higoumène. Dans son sillage naît le monastère de la Protection de la Mère de Dieu, plus connu aujourd’hui sous le nom de monastère de Solan. Il a enseigné à l’Institut Saint-Serge, et est également auteur et traducteur de plusieurs ouvrages sur la spiritualité et le monachisme orthodoxes. »
Pour toutes les publications des Editions des Syrtes,
voir le catalogue ICI

FEUILLETS LITURGIQUES DE LA CATHÉDRALE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX

6/19 novembre
24ème dimanche après la Pentecôte

Saint Paul le Confesseur, archevêque de Constantinople (350) ; saint Luc de Taormine, moine (IXème) ; saint Barlaam de Khoutyne (1192) ; saint Luc, économe des Grottes de Kiev (XIIIème s.) ; saint Germain, archevêque de Kazan (1567) ; saint Barlaam de Keret (XVIème s.) saints nouveaux martyrs de Russie : Nicétas, évêque d’Orekhovo-Zouïevsk, Anatole (Berjitsky), Arsène (Troïtzky), Nicolas (Dvoritsky), Nicolas (Protasov), Constantin (Lioubomoudrov), prêtres, Varlaam (Nikolsky), Gabriel (Vladimirov) et Gabriel (Moura), moines, Nina (Chouvalov) et Séraphime (Gorchkov), moniales (1937), Basile (Krylov), prêtre (1938).

Lectures : Éph. II, 14–22. Lc VIII, 41–56; saint : Hébr. VII, 26 – VIII, 2. Lc. XII, 8–12.

SAINT PAUL LE CONFESSEUR



S
aint Paul naquit à Thessalonique à l’aube du IVe siècle. Lors du premier Concile de Nicée, il était encore tout adolescent, mais il fut peu de temps après rangé parmi les clercs de l’Église de Constantinople. Il se signalait par la pureté de sa vie, sa douceur et son enseignement irréprochable de la foi orthodoxe. C’est pourquoi il fut ordonné diacre, puis prêtre, par l’archevêque Alexandre, alors qu’il était encore jeune. Aimé de tous les fidèles de la capitale, il fut consacré archevêque, en 340, à la mort d’Alexandre qui l’avait désigné comme son successeur. Son élection déchaîna cependant la haine des ariens qui le calomnièrent auprès de l’empereur Constance, qui se trouvait alors à Antioche. Lorsqu’il apprit la consécration du jeune orthodoxe, il revint furieux dans la capitale et réunit un concile d’évêques ariens, qui déposa Paul et le remplaça par l’évêque de Nicomédie, Eusèbe : un des chefs de file de l’hérésie. 

L’arianisme semblait alors pouvoir triompher définitivement puisque l’empereur et l’archevêque de Constantinople en étaient d’ardents partisans. Dès son installation, Eusèbe commença à traquer avec acharnement les défenseurs du concile de Nicée. Mais Dieu n’abandonna pas son Église : Eusèbe mourut après une année, et les orthodoxes de la capitale rappelèrent Paul, qui s’était réfugié à Rome, auprès du pape Jules, et où il avait retrouvé saint Athanase d’Alexandrie, lui aussi exilé pour le Nom du Christ. Au moment de reprendre son siège, le saint confesseur se trouva mêlé à de nouveaux troubles populaires, car les ariens avaient élu et ordonné un successeur à Eusèbe : l’hérétique Macédonius, qui joignait le blasphème contre la divinité du Saint-Esprit à l’erreur d’Arius quant à la divinité du Verbe. 

Informé de la situation, l’empereur Constance donna, d’Antioche, l’ordre à Hermogène, le chef militaire de la Thrace, d’entrer avec ses troupes dans la capitale et d’en chasser Paul par la force. Le peuple s’ameuta, des combats sanglants éclatèrent partout dans les rues, faisant de nombreuses victimes, et Hermogène lui-même fut victime de la vindicte populaire. Les émeutiers le tuèrent, traînèrent son corps à travers la ville et brûlèrent sa demeure. Paul put donc être rétabli sur son siège, mais pour peu de temps, car l’empereur furieux arriva en force à Byzance, en chassa saint Paul, qui alla chercher refuge à Rome, et il déchaîna aussi sa colère sur Macédonius, l’accusant d’avoir été la cause de tous ces troubles. En Occident, Paul obtint le soutien de l’empereur Constant qui résidait à Trèves et, grâce aux lettres de réprimandes que le pape adressa aux évêques orientaux pour leur attitude envers sa personne et à l’égard de saint Athanase, il put, au bout de quelque temps, regagner son siège au milieu de l’allégresse populaire. 

Mais Constance, ne pouvant trouver de repos dans sa lutte contre les orthodoxes, chargea bientôt le préfet Philippe d’expulser Paul et de replacer Macédonius sur le siège de la reine des villes, sans toutefois réitérer les troubles qu’avait occasionné l’intervention d’Hermogène. C’est pourquoi Philippe usa d’un stratagème pour attirer saint Paul vers l’établissement de bains et, sous prétexte de lui rendre les honneurs, il le fit enlever en secret et exiler à Thessalonique, d’où le malheureux évêque se rendit de nouveau à Rome. 

En 347, à l’issue du concile de Sardique, Athanase et Paul purent reprendre possession de leurs sièges. Pendant environ trois ans, l’Église de Constantinople connut, autour de son pasteur légitime, la paix et la sécurité de l’Orthodoxie. Mais ce répit fut de courte durée, car, en 350, le comte Magnence se souleva contre l’empereur orthodoxe d’Occident, Constant, et fut proclamé empereur par ses troupes. Ses prétentions à l’empire universel obligèrent Constance à engager une guerre contre lui et, après de dures campagnes, l’empereur hérétique s’empara de Lyon et reconstitua à son profit l’unité de l’Empire. 

L’équilibre qu’avait procuré jusque-là la présence d’un empereur orthodoxe en Occident était désormais rompu et Constance put déchaîner librement ses persécutions contre les défenseurs de la divinité du Fils de Dieu. Il fit arrêter saint Paul et le fit conduire, chargé de lourdes chaînes, à Singar d’abord, puis à Émèse, et enfin à Cucuse dans la lointaine Arménie. C’est là qu’un jour où le saint évêque célébrait la Divine Liturgie, les ariens se ruèrent dans l’église et l’étranglèrent au moyen de son omophorion  (entre 351 et 357).                                (Tiré du Synaxaire du hiéromoine Macaire de Simonos Petras)

Tropaire du dimanche, 7ème ton
Pазрyши́лъ ecи́ Кресто́мъ Tвои́мъ сме́рть, отве́рзлъ ecи́ разбо́йнику pа́й, мироно́сицамъ пла́чь преложи́лъ ecи́ и aпо́столомъ проповѣ́дати повелѣ́лъ ecи́, я́ко воскре́слъ ecи́, Xpистé Бо́же, да́руяй мípoви вéлiю ми́лость.
Tu as détruit la mort par Ta Croix, Tu as ouvert le paradis au larron,  Tu as transformé le pleur des myrophores, et ordonné à Tes Apôtres de prêcher que Tu es ressuscité,  Christ Dieu, accordant au monde la grande miséricorde.

Tropaire de saint Paul le Confesseur, ton 3
Боже́ственныя вѣ́ры исповѣ́даніемъ друга́го Па́вла тя́ Це́рковь, ревни́теля во свяще́нницѣхъ, показа́, свозопіе́тъ ти́ и Авель ко Го́споду, и Заха́ріина кро́вь пра́ведная. Отче преподо́бне, Христа́ Бо́га моли́ дарова́тися на́мъ ве́ліей ми́лости.
La confession de la divine foi a fait de toi pour l'Eglise un autre Paul par le zèle de pontife que tu manifestas; avec celui d'Abel et de Zacharie  vers le Seigneur crie justice ton propre sang. Père vénérable, prie le Christ notre Dieu de nous accorder la grande miséricorde.

Kondakion de saint Paul le Confesseur, ton 2
Облиста́вый на земли́, я́ко звѣзда́ небосвѣ́тлая, Каѳоли́ческую просвѣща́еши Це́рковь ны́нѣ, о не́йже и страда́льчествовалъ еси́, ду́шу твою́, Па́вле, предложи́въ, и, я́коже Заха́ріина и Авелева, я́сно вопіе́тъ твоя́ кро́вь ко Го́споду.
Ayant fait briller sur terre comme un astre la lumière des cieux, tu éclaires à présent l'Église universelle; tu luttas pour elle, bienheureux Paul, donnant ta vie, et comme celui d'Abel et de Zacharie ton sang crie de la terre, appelant le Seigneur.
Kondakion du dimanche, 7ème ton
Не ктому́ держа́ва смéртная воз-мо́жетъ держа́ти человѣ́ки; Христо́съ бо сни́де, сокруша́я и разоря́я си́лы ея́. Cвязу́емъ быва́етъ а́дъ, пpоpо́цы согла́сно ра́дуются: предста́, глаго́-люще, Спа́съ су́щымъ въ вѣ́рѣ, изыди́те, вѣ́рніи, въ воскресéніе.
Désormais l’empire de la mort ne peut retenir les mortels, car le Christ y est descendu pour briser et défaire sa puissance. L’enfer est enchaîné, les prophètes jubilent, disant d’une seule voix : « Il est venu, le Sauveur, pour ceux qui ont la foi ; fidèles, allez à la rencontre de la Résurrection ! »

HOMÉLIE DE SAINT NICOLAS VÉLIMIROVITCH
SUR L’ÉVANGILE  DU JOUR[1]
Le Seigneur est comme une colonne de feu dans l’histoire de l’univers, dont les âmes mortes reçoivent la lumière, la chaleur, le mouvement et l’attirance. Il est aussi cet Arbre de vie qui, à peine effleuré, fait revivre les corps défunts, les redresse, les fait marcher et les fait parler. Il est aussi le baume pur et parfumé porteur de la santé ; dès qu’ils l’effleurent, les aveugles ouvrent les yeux, les sourds entendent de nouveau, les muets reparlent, les insensés retrouvent la raison, les lépreux sont purifiés et les malades, même gravement, sont guéris. L’évangile de ce jour évoque un cas supplémentaire où, par un simple contact avec le Christ, des malades sont guéris et des morts sont ressuscités. Et voici qu’arriva un homme du nom de Jaïre, qui était chef de la synagogue. Tombant aux pieds de Jésus, il Le priait de venir chez lui, parce qu’il avait une fille unique, âgée d’environ douze ans, qui se mourait (Lc 8, 41-42). À quel moment cet épisode se situe-t-il ? À l’époque où le Seigneur était revenu en barque de la région de Gadara de l’autre côté du lac, où Il avait auparavant libéré deux possédés des mauvais esprits, puis apaisé une tempête sur le lac. Après avoir réalisé ces deux miracles très célèbres, Il était maintenant appelé à en accomplir un troisième : ressusciter un mort, et tout cela dans un temps très court, comme pressé de réaliser le plus possible de bonnes actions pour les hommes pendant Sa vie terrestre, nous donnant ainsi un exemple à suivre pour faire le bien, pour agir tant que nous avons de la lumière. Bien que les trois miracles cités soient très divers, ils possèdent une caractéristique commune : ils montrent tous la puissance souveraine du Christ Sauveur : sa souveraineté sur la nature, sa souveraineté sur les démons et sa souveraineté sur la mort, c’est-à-dire sur les âmes humaines. Il est difficile de dire laquelle de ces trois actions est la plus redoutable, la plus glorieuse et la plus prodigieuse. Qu’est-ce qui est le plus difficile : apaiser les éléments déchaînés de l’eau et des airs, guérir des déments inguérissables, ou ressusciter un mort ? Chacun de ces trois actes est tout aussi difficile pour un homme mortel et pécheur, tandis que les trois sont tout aussi faciles pour le Christ Seigneur. Quand on se plonge dans chacun de ces trois miracles en particulier, on ressent la grandeur et le souffle de cette toute-puissance qui a, au début, créé le monde : Dieu dit : « Que la lumière soit », et la lumière fut (Gn 1, 3).  Cet homme du nom de Jaïre est qualifié de chef par l’évangéliste Matthieu (Mt 9, 18-26). De leur côté, les évangélistes Marc et Luc précisent que Jaïre était chef de la synagogue où se traitaient les affaires religieuses et populaires. Sa fille unique était sur le point de mourir. Quelle horreur pour lui qui, comme tout le peuple juif, avait une foi faible et indécise dans la vie après la mort. Pour cet homme de pouvoir, c’était un choc double : d’abord le chagrin paternel, puis un sentiment de honte et d’humiliation devant le peuple, car une perte aussi terrible était considérée comme une punition divine. Dans ce cas, Jaïre se jette aux pieds de Jésus et lui dit : Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer ta main et elle vivra (Mt 9, 18). Pourquoi l’évangéliste Luc écrit-il que la fille de Jaïre se mourait, tandis que l’évangéliste Matthieu dit qu’elle est déjà morte ? Luc décrit les choses comme elles se sont passées, et Matthieu rapporte les mots du père. N’est-ce pas l’habitude des gens d’exagérer les choses ? Une telle exagération vient d’abord du fait qu’un malheur, qui survient de façon inattendue, semble beaucoup plus grand qu’il n’est ; par ailleurs, celui qui réclame de l’aide représente habituellement le malheur comme plus important qu’il n’est afin d’obtenir de l’aide le plus tôt possible. N’entend-on pas souvent crier, lors de l’incendie d’une maison : « Au secours, ma maison a brûlé ! » En fait, la maison n’a pas brûlé, elle brûle. Le fait que la fille de Jaïre n’était pas morte au moment où celui-ci s’est adressé au Seigneur sera confirmé plus tard par les serviteurs de Jaïre. Mais la foi que Jaïre avait dans le Christ n’était pas aussi forte que celle du centurion romain à Capharnaüm. Tandis que celui-ci empêchait le Christ d’entrer dans sa maison, estimant qu’il était indigne d’un tel honneur, et ne Lui demandait que de dire un seul mot : dis seulement un mot et mon serviteur sera guéri (Mt 8, 8), Jaïre invite le Seigneur à entrer chez lui, et même à poser Sa main sur sa fille morte. Une telle foi possède quand même quelque chose de matériel en elle. Viens lui imposer ta main ! Jaïre demande au Christ un geste palpable pour guérir. Comme si la parole du Christ était moins capable de thaumaturgie que la main du Christ ! Comme si la voix qui avait apaisé la tempête et les vents et expulsé les démons des hommes possédés puis, plus tard, avait ramené à la vie Lazare qui était mort depuis quatre jours et inhumé, n’était pas capable de ressusciter la fille de Jaïre ! Mais le Seigneur est très miséricordieux ; Il ne repousse pas le père plongé dans le chagrin parce que sa foi n’est pas parfaite ; Il vient tout de suite à son secours.



[1] Extrait des Homélies de saint Nicolas Vélimirovitch sur les Evangiles des dimanches et jours de fête, Coll. Grands Spirituels orthodoxes du XXème siècle, L’Âge d’Homme 2016.